Les confidences poignantes d’Antoni Ruiz (#LeMag) après le décès de sa soeur

Humeur toujours égale, humour et optimisme, c’est ainsi que le public a toujours vu Antoni Ruiz à l’écran, notamment lorsqu’il proposait sa chronique des « Crazy Tv » sur le plateau du Mag d’NRJ12. Pourtant, le jeune homme, sous cette apparence sereine, cache un douloureux secret, une épreuve qui a profondément marqué et marque encore sa vie à ce jour: le décès de sa soeur, Carole, des suites d’un cancer généralisé…

Si nous traitons d’ordinaire de choses plus « légères », nous avons eu envie de partager cette fois-ci avec vous la belle initiative de Sabrina Perquis, ex candidate de Secret Story 5 reconvertie depuis dans le domaine du cinéma et dont nous avions partagé avec vous les courts-métrages. La jeune femme, qui souffre de la mucoviscidose depuis de longues années, a décidé de répondre aux attentes de son public en créant une chaine Youtube intitulée « Les Maux de Sab ».

Pas de « conseils mode », de petits « trucs de filles », ni de sketchs mis en scène comme il en existe beaucoup sur le web. Riche de ses expériences au sein du monde médical et face aux nombreuses demandes qu’elle reçoit quotidiennement sur ses pages, Sabrina propose des chroniques sur des thèmes spécifiques aux rencontres et témoignages, et vous emmène dans un monde difficile à comprendre et qui angoisse beaucoup: la maladie. 

C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de partager avec vous sa première rencontre ayant pour thème: « Le vécu des proches dans le combat contre le cancer« , et pour laquelle elle a recueilli les confidences émouvantes d’Antoni Ruiz. 

« Ça s’est passé il y a 5 ans, le 6 décembre 2010 elle est décédée. » raconte Antoni. « Moi à l’époque j’étais au chômage, j’étais à Grenoble et j’étais rentré, parce que je travaillais un petit peu à Paris et j’étais rentré quand son cancer a rechuté. Elle a eu un cancer du sein, qui après s’est généralisé..

Donc moi je suis rentré à Grenoble pour m’occuper d’elle et quand elle est partie ben…on ne fait plus rien. On n’a plus de but, on ne va plus à l’hôpital, on ne fait plus rien.
Du coup je me suis dit qu’il fallait que je quitte Grenoble, que je vive ma vie et que je réalise mes rêves, et c’est ce qui m’a permis en tout cas de réaliser mes rêves… »


Antoni précise alors l’évolution de la maladie dont a souffert sa soeur:

 
« Elle a eu un cancer du sein qui a été traité, au cours duquel elle a été aussi en rémission au bout d’un petit moment, et elle a rechuté. Elle est tombée malade en janvier 2009, elle a été traitée avec chimiothérapie, opération et rayons jusqu’en juillet. De juillet à mars 2010 elle allait bien, elle était en rémission …et un jour elle fait une crise d’épilepsie à la maison. Et en fait, suite à ça, ils ont découvert qu’elle était métastasée…partout. Foie, os, poumons et cerveau.« 
 
Moi j’avais 24 ans. On est très loin de tout ça et puis à 24ans, j’avais déjà perdu mon grand père mais bon, de vieillesse, c’est pas du tout pareil. Et puis…c’est ta Soeur… Moi je me rappellerais toute ma vie le jour où elle m’a appelé pour me le dire.« 


Un choc pour le jeune homme et un sentiment très ambivalent qui l’a alors envahi. Il confie:
 
 
« Elle sortait de chez le gynéco. Elle avait beaucoup de kystes au sein dont un qui persistait énormément. Elle a fait une biopsie et elle m’a appelé…elle m’a appelé en pleurant et, quand je l’ai entendue pleurer j’étais persuadé qu’il était arrivé un truc à ma grand-mère et je m’en rappèlerais toute ma vie, elle m’a dit : « j’ai un cancer « .


Et là, j’ai marqué un silence…j’ai compris sans comprendre en fait. Vraiment, j’ai compris sans comprendre. Parce que tu te prends un peu un aller-retour. En même temps tu te dis c’est un cancer du sein donc ça se guérit, mais tu as pleins de trucs qui te traversent le cerveau donc en même temps c’est un cancer et qui dit cancer égal mort, égal traitements…et là tu sais, tout de suite par contre, que tu vas rentrer dans des mois de galère, voire plus.. »


Antoni a d’autant plus été destabilisé qu’il s’agissait du premier « cas » de maladie à laquellle sa famille et lui aient eu à faire face.
 
 
« Avec tout ce que tu entends autour de toi ben le cancer ça tue donc forcément tout de suite c’est « cancer égal mort », surtout quand tu vas voir sur internet. Parce que forcément tout le monde va voir sur internet et c’est la bêtise à ne pas faire! Moi j’ai déconseillé à ma mère de le faire parce qu’elle était en train de se ronger le cerveau. Tu cherches tout et n’importe quoi, tu as besoin de réponses, tu as besoin de témoignages, de t’accrocher à un espoir donc tu vas sur les forums et là, tu tombes sur des trucs…tu as envie de te tirer une balle en fait!
 
La mort est présente du moment où on t’annonce la maladie jusqu’à ce qu’elle arrive.« 

 
 
Face à la maladie et précisément face au cancer, tout le monde n’a pas la même réaction. C’est ce qu’Antoni précise ensuite, évoquant la personnalité de sa soeur:
 
 
« Ça a été une malade extrêmement courageuse mais extrêmement chiante. Ce n’est pas péjoratif mais c’est dans le sens où elle ne voulait pas qu’on l’a plaigne. Ma soeur ne s’est jamais plainte, jamais, jamais, jamais. Et du coup elle avait même cette pudeur qui faisait qu’elle ne voulait pas vraiment qu’on l’aide, qu’on la voit.


Je me rappelle quand elle faisait ses chimios, pendant 3-4 jours personne ne l’avait au téléphone. C’était tout par textos. Elle ne voulait pas parler. Elle n’était pas bien, elle ne voulait pas qu’on passe la voir et ne voulait pas parler. Et une fois que les nausées passaient, que la chimio faisait un tout petit moins effet entre guillemets, là on pouvait aller la voir. Je dirais que la seule personne avec qui elle s’est le plus ouverte pendant sa maladie c’est moi. Je m’en occupais. Moi elle m’a laissée rentrer (dans son intimité, ndlr). »


Si Antoni était à Paris pour obligations professionnelles lors de la découverte du cancer du sein de sa soeur, c’est suite à sa rechute qu’il a pris la décision de quitter son emploi (il travaillait pour Camille Combal à l’époque, ndlr) et sa vie parisienne pour revenir s’occuper d’elle:

 
« Ça arrangeait un peu tout le monde que je sois au chômage parce que je ne la laissais pas seule la journée. Je passais toutes mes journées avec elle, jusqu’à ce qu’elle rentre à l’hôpital. 
 
Elle était très en demande de ça, beaucoup. Parce que je pense qu’elle savait au fond qu’elle allait partir. Elle se battait, je pense qu’elle espérait aussi vivre, mais qu’elle avait une longueur d’avance sur nous. Nous, jusqu’à la fin, on a cru qu’elle enfin on a cru c’est un peu nul… Tu t’accroches un espoir, un miracle.
 
 
En fait c’est très particulier parce que le médecin te le dit, il te dit votre sœur ne va pas guérir en fait donc quand tu entends ça tu sais qu’elle ne guérira pas. Donc l’issue fatale c’était la mort, forcément, sauf qu’elle est arrivée progressivement…« 


Profondément émus par le témoignage d’Antoni à la rédaction de Gossip.fr, nous avons décidé de vous laisser découvrir la suite de ses confidences par vous-même, de sa propre bouche, et non à travers des mots retranscrits qui ne reflèteront jamais à sa juste mesure l’émotion palpable dans les yeux et la voix de celui-ci. Des confidences poignantes, terribles même, mais qui apporteront un réconfort et une expérience de vécu incontestables aux personnes traversant ou ayant traversé la même chose qu’Antoni et cherchant elles aussi des réponses…


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nous concluerons ce sujet sensible, émouvant, mais néanmoins extrêmement enrichissant en remerciant Sabrina pour cette initiative altruiste, et nous vous invitons à découvrir avec elle sa chaine Youtube, « Les maux de Sabrina »:
 
 
 
 
 
 
 
Que pensez-vous du témoignage d’Antoni Ruiz? Auriez-vous imaginé, derrière son sourire, le drame qu’il a vécu durant de longs mois? Que pensez-vous de l’initiative de Sabrina de créer une chaine Youtube pour apporter conseils, soutien et témoignages aux personnes confrontées à la maladie ou à celle de leurs proches?